Un nouveau baromètre, publié récemment, dresse un premier état des lieux de l’usage des microcapteurs de qualité de l’air intérieur (QAI) dans les établissements scolaires français. Réalisée à partir des retours de près de 100 agents techniques, cadres et chefs d’établissement, cette étude montre que la question de la qualité de l’air a gagné en visibilité. Notamment sous l’effet de la crise sanitaire et de la réglementation sur les établissements recevant du public.
Les microcapteurs, souvent orientés vers la mesure du CO₂, ont été installés rapidement dans de nombreuses écoles. Dans la majorité des cas, ils ont été mis en place de manière réactive, sans stratégie durable ou pilotage structuré. Beaucoup de dispositifs restent donc aujourd’hui sous-exploités, parfois oubliés ou inefficacement intégrés aux pratiques quotidiennes. Les facteurs humains (formation, exploitation des données, maintenance) apparaissent donc déterminants pour que ces outils ne se réduisent pas à de simples gadgets technologiques.
Les retours des utilisateurs mettent en lumière des usages variés. Certains microcapteurs ont ainsi permis de mieux ajuster l’aération ou de sensibiliser élèves et personnels à la qualité de l’air. Mais de nombreux répondants soulignent aussi des limites. Des appareils mal calibrés, des données difficiles à interpréter ou encore un manque d’accompagnement technique freinent une exploitation réellement efficace. Ces constats invitent à dépasser l’idée qu’équiper suffit, pour aller vers une structuration plus solide des démarches autour de l’air intérieur.
Au-delà de la conformité réglementaire, ce baromètre pointe une opportunité. Celle de faire de la qualité de l’air un levier éducatif et sanitaire dans les politiques scolaires. Pour que les microcapteurs jouent pleinement ce rôle, il est nécessaire de penser des dispositifs partagés, lisibles et bien intégrés dans les routines des établissements. Ainsi que des formations et des ressources opérationnelles adaptées.