Audit énergétique en entreprise : ce que ça change (ou pas) pour les particuliers
13 Juillet 2026

Audit énergétique en entreprise : ce que ça change (ou pas) pour les particuliers

Depuis le 6 juillet 2026, un nouvel arrêté modifie les règles concernant les audits énergétiques réalisés dans les entreprises. Si vous êtes propriétaire, locataire ou bailleur d’un logement, vous vous demandez peut-être en quoi cette évolution peut concerner votre quotidien, surtout si vous vivez dans une copropriété avec des parties communes gérées comme une petite entreprise, ou si vous envisagez d’acheter ou de louer un bien situé dans un immeuble mixte (habitations et locaux professionnels). Voici ce qu’il faut savoir sur cette nouvelle réglementation, à quoi vous attendre lors d’un diagnostic et nos conseils pour aborder sereinement cette évolution.

Le contexte : une évolution pour les audits énergétiques des entreprises

L’arrêté du 2 juillet 2026, entré en vigueur le 6 juillet, vient compléter et préciser les informations à fournir lors d’un audit énergétique obligatoire pour certaines entreprises. Ces audits servent à analyser les consommations d’énergie et à proposer des pistes d’amélioration. Ils sont imposés à certaines personnes morales (entreprises) qui dépassent certains seuils d’activité ou de consommation, mais ne concernent pas directement les logements individuels ou collectifs des particuliers. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle règle sur le diagnostic de performance énergétique (DPE) des logements ou sur l’audit énergétique à fournir lors de la vente de maisons dites « passoires thermiques ».

Cependant, cette évolution peut intéresser les particuliers concernés par un bien situé dans un immeuble mixte (habitations et établissements professionnels), ou si vous êtes copropriétaire dans une grande résidence gérée par une structure assimilée à une entreprise pour ses parties communes.

Concrètement, à quoi s’attendre si vous êtes concerné ?

Pour la très grande majorité des particuliers, cette évolution n’impacte pas directement la vente, la location ou la gestion courante d’un logement. Mais si votre immeuble relève du champ de l’audit énergétique « entreprises » (par exemple, si la copropriété comprend des locaux professionnels importants ou s’apparente à une entreprise par son organisation), les démarches d’audit peuvent légèrement évoluer :

  • De nouvelles données seront collectées lors de l’audit, comme la taille de l’entreprise, la distinction entre les parties concernées par le système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre et les autres, ainsi que les consommations énergétiques annuelles sur les 4 dernières années.
  • Les audits devront préciser le périmètre des établissements audités, la part de la consommation couverte (exprimée en pourcentage), et détailler la répartition des consommations selon les différents usages (bâtiments, procédés, transports).
  • Si un système de management de l’énergie (SME) ou un contrat de performance énergétique est en place, il faudra fournir les certificats correspondants.

En pratique, cela signifie que la gestion de l’énergie dans les immeubles mixtes ou les grandes copropriétés pourra gagner en transparence et en précision, avec un suivi plus fin des consommations et des actions menées.

Point de vigilance pour les particuliers dans un immeuble mixte ou géré comme une entreprise

Si vous êtes copropriétaire ou bailleur d’un logement dans un immeuble où une partie importante est dédiée à des activités professionnelles, il peut être utile de vérifier auprès du syndic ou du gestionnaire si la copropriété est concernée par ces audits énergétiques « entreprises ». Cela peut avoir un impact sur la gestion des charges, les travaux à prévoir, ou la planification d’actions d’économie d’énergie dans les parties communes. Les informations recueillies lors de ces audits pourront être partagées en assemblée générale et servir de base à des décisions collectives.

Un nouveau profil « organisme certificateur » est également créé sur la plate-forme nationale de suivi des audits énergétiques. Cela permet un contrôle renforcé de la qualité des audits, ce qui peut rassurer les copropriétaires sur la fiabilité des données transmises et la crédibilité des préconisations proposées.

Conseil pratique pour bien vivre cette évolution

Si votre immeuble ou votre copropriété est concerné, n’hésitez pas à :

  • Demander à votre syndic ou gestionnaire d’immeuble si un audit énergétique « entreprise » est prévu ou a déjà été réalisé, et de vous transmettre le rapport d’audit.
  • Vous informer sur les recommandations issues de l’audit pour anticiper d’éventuels travaux ou aménagements votés en assemblée générale.
  • Vérifier que les données collectées (consommations des dernières années, périmètre audité, etc.) correspondent bien à la réalité de votre immeuble ou de votre lot.
  • Participer aux discussions sur les économies d’énergie en copropriété, car un audit bien mené peut déboucher sur des actions concrètes pour réduire les charges et améliorer le confort de tous.

De manière générale, cette évolution vise à mieux encadrer et fiabiliser les audits énergétiques dans le monde professionnel, avec un effet positif attendu sur la qualité des diagnostics et la transparence des informations partagées. Pour les particuliers, il s’agit surtout d’être attentif si vous êtes dans le cas particulier d’un immeuble concerné, afin de tirer le meilleur parti des actions engagées collectivement.

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